21/08/2017
Syrie

Les pluies abondantes apportent un peu de répit aux populations

Les récoltes de blé s’améliorent par rapport à l’année dernière mais demeurent très courtes. "Pour certaines familles syriennes, il existe une lueur d’espoir dans un océan de noirceur", déclare Adam Yao, représentant intérimaire de la FAO en Syrie.

La sécurité alimentaire dans plusieurs régions de la Syrie s'est légèrement améliorée par rapport à la même période l'année dernière en raison d'une amélioration de la situation sécuritaire et d'un meilleur accès des organisations humanitaires aux zones isolées, mais la situation dans son ensemble demeure bien pire que celle précédant le conflit, avertissent deux agences onusiennes. La dernière Mission d'évaluation des récoltes et de la sécurité alimentaire (CFSAM), menée par l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et le Programme alimentaire mondial (PAM), estime que la production totale de blé s'élève à 1,8 million, soit 12 % de plus que l'année dernière lorsqu'une baisse record avait été enregistrée, mais moins de la moitié par rapport à la moyenne d'avant conflit. Le rapport de la mission indique que près de 6,9 millions de Syriens sont toujours en situation d'insécurité alimentaire tandis que 5,6 millions de personnes devraient vraisemblablement se retrouver en situation d'insécurité alimentaire si elles ne bénéficient pas d'une aide alimentaire régulière chaque mois. "Pour certaines familles syriennes, il existe une lueur d'espoir dans un océan de noirceur", a déclaré Adam Yao, représentant par intérim de la FAO en Syrie. "Malgré les immenses défis, l'agriculture continue de produire de la nourriture pour le pays. Avec la situation sécuritaire qui s'améliore, de plus en plus d'agriculteurs devraient pouvoir accéder à leurs terres et cultiver de nouveau. Il est maintenant temps d'intensifier notre aide car l'agriculture n'a jamais été aussi importante pour les moyens d'existence de nombreuses personnes", a-t-il ajouté. L'accès des organisations humanitaires à certaines zones assiégées s'est amélioré par rapport à l'année dernière. Il est cependant toujours lourdement limité, à Deir-ez-Zor, où les parachutages de nourriture et d'autres fournitures essentielles se poursuivent, et à Ar-Raqqa, où la situation est devenue critique en raison des combats en continu. À Ar-Raqqa, les magasins ont été détruits et le coût du panier alimentaire standard a augmenté de 42 % entre mai et juin cette année.

L'équipe de mission s'est rendue dans le pays en mai dernier. Les informations émanant de sources officielles sur la production agricole et la sécurité alimentaire ont été recoupées et vérifiées avec des observations directes faites sur le terrain et les informations recueillies suite aux entretiens effectués avec les agriculteurs, les meuniers, les commerçants, les éleveurs de bétail, les familles de déplacés, les rapatriés et d'autres personnes vivant en zone urbaine et rurale. L'imagerie satellitaire et les précipitations record enregistrées ont également été utilisées, ainsi que des données collectées dans le cadre d'études réalisées grâce à l'outil du PAM spécialisé dans l'analyse et la cartographie de la vulnérabilité (mVAM). Il s'agit de la quatrième mission CFSAM en Syrie depuis le début de la crise et chaque mission livre une évaluation impartiale et équilibrée de la situation de l'agriculture et de la sécurité alimentaire dans le pays.

FAO